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poésie française contemporaine

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Maison de ville

 

 

 

 

 

Ces laies tracées dans l’espace intérieur

ces coupes claires

ces sentiers aux embranchements sylvestres

qui mènent au cœur d’angles morts

ou vifs

à des autels

à des cabanes d’arbre à hauteur de mains

Fruits, fleurs

plans de cuisine

siphons de vasques

chemins qui ne mènent nulle part qu’à l’ailleurs (considérez le cas du lit et ses flagrants délits de songes).

Les mêmes foulures témoignent

les encrassures surenchérissent

les écaillures cancanent (je prends quelques clichés) 

Avouez que qui vit là ne cesse de s’enfuir

(ou est-ce qu’on s’y déploie ?) ?

 

 

 

 

 

 

 

Des cimes de polyester

Des séracs à rayures

Ruisseaux de plis dont le lit fait le lac

Tout le reste du massif plié par le sommeil

 

 

 

 

 

 

 

 

A l’orée des battants

sur la proue des persiennes

La vague automobile

La cloche des pontons où s’arriment les heures

L’aileron d’hirondelle

Dont l’aigu tombe en vrille

 

 (les souffrances ignorées de l’hyperacousique)

 

 

 

 

 

 

 

L’instant est prosaïque. Il cliquète du poids des fourchettes, du pyrex de la vaisselle, une ligne brisée que ne surplombe que le crissement des freins et ceux de l’hirondelle. Plus bas, il grumelle son tissage, il bouclette en moquette et glisse dans la rayonne, en petits reflets bredouilles, en moires, en rumeurs.

(le repas)

 

 

 

 

 

 

 

Le lointain tel qu’il meut

sa ville

sa courte corde sa corne suave 

mouvements

sur les bords de l’inouï

l’écho courbe bâti de ses anciens remparts

l’usage d’un jeu molaire

à la vièle de pierre

et zinc - des toitures à revoir 

trottoirs

et résonance des regards

tessiture phonolithe au sabot des murailles

 – ferme sainte  – forme ceinte

disparition

dans l’élégance des façades.

 

 

 

 

 

 

 

 

L’angle de zinc

Son bleuté

Le ton tendre qu’il prend mouillé

Le plastique de ses manches

La pente des gouttières

Le bulbe un peu bulgare

Chef-d’œuvre du zingueur

L’angle du zinc

Son triangle

Ses cônes de patelle

Ignorés de sa sœur de l’ardoise

La cendre qui manque à la tuile

 

 (Pour l’amour des toits)

 

 

 

 

 

 

 

 

Patère austère

Pattern Auster

Par tous les cintres

Qu’on pend à longue

Heure de temps

Le sac prend son regard d’en d’sous

Et la lumière est vache avec ses rides

La manche fait sa poche

Le col fait sa pioche

La veste la chemise

Mais la casquette rêve du large et de largesses

Marines

Où elle retrouverait ses galons de serre-tête

 

 

 

 

 

 

 

Une tranquillité d’âme mais guère plus claire qu’un thé.

Pluie.

Le signe qui persiste au nadir de ce bol.

L’idéogramme naquit du creux des porcelaines. Cueillette d’un vieux printemps tirée des pentes, des nuages, du long chemin de son négoce. La foule des paysages qui cache ses visages dans l’abondance des feuilles.

Dehors, ce mimosa qui meurt garde une certaine allure.

 

 

 

 

 

 

 

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