La mer est manche et l’an blafard.
Printemps au charme de demi-deuil
De silène de petit jour
De tristan! de fauve ou d’agreste
La nymphe griffe son linceul
(dans les sept noms du papillon)
De la saison des confitures
J’ai oublié le nom du peintre
Sieste de cintres fruits griffures
Du jour le plein et le délié
Elle tourne, elle tourne la lumière
Juste contre sa sœur la terre
Le phare est rare la robe d’ambre
Et son écharpe de pastel
L’envers des pignons d’Anvers
Et pâleurs tendres de canal
Mon père ces quelques cieux
Ce bon sang de bonsoir
baroque
issu de vos presqu’îles
La mer est sans partage
L’archange équestre suspend son geste nébuleux
du rêve du rayon vert au rebond blond des sables.
Les morts avancent en iceberg
leur lit de glace tend vers l’aval
le grand corps se disloque
le gisant d’évapore
un bouc fait pendant à son col de moujik
quelque chose s’effile
dans le blanc de chemise
Celui-ci qui dénie
Et que l’air pince et plie
De mèche
Et roule dans l’embrun
Tabac
Ses phares de sans-filtre
Œil vert
Ciment de grise mise
Sa marine d’hiver et son menton de sel
Un rire de bourrasque disperse sa colère
Honorons-nous du grand parler risible, du plaidoyer fantasque, des discours de César que tient le beau parleur encravaté de soie.
De l’art d’articuler des phrases de terrasse à la brassée des ormes, ou à l’ardoise du ciel. Elles trouvent d’emblée le tourbillon des lampes, la ligne des faîtières, la courbe métabolique de leur génie propre. Laissons la libre architecture se peupler de foyers flambants. Dans nos destins la foule des dieux lares, l'épique, le soliloque et l’homélie, des cent fois hérétiques qui fondent notre espèce.
(Pour Samuel)
L’auvergnat cantalien
à la foi normalienne
pour la petite école
marmaille paille
la saison rousse la pâle abeille
l’hiver mi-sel
le solstice des soleils grêles
qui dansent
pour enjamber le mars
(ensemble nous fûmes moins frileux)
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