Trou d’ombre que voient-ils Reliefs et reflets que même Toi tu n’auras pas fini de connaître L’envers de l’œil Ton insu Ces berges pour lieu commun Où le pêcheur se bat toujours avec son fil Je l’appelle la source mais pentes, courses n’est-ce pas de...
Réfute les bornes jusqu’à en perdre le chemin en souvenir des voix : y bruissent encore dans le zèle des feuilles de flagornes murmures, prières, moulures, obscures obséquieuses, la moue multiple aux lèvres molles flatte leurs langues déliées, frise-en...
Poètes Pères profonds qui êtes debout à la dure-mère bâbords corsaires bois flottés bois piégés bois blanchis par la fougue lente du corail art arthropode ficaires langues sargasses et claires bacchantes de calcaire. Toujours plus de tiroirs à ce pauvre...
Un qui fait, en mars, des bouquets de mimosas au marché. S'est levé tôt pour venir du sud. Cette heure-ci est sa cliente perpétuelle (nous, d’identiques vieilles en impers). Branche d’arbuste qu’il choisit qu’il taille qu’il secoue avec fermetél’épreuve...
Ces laies tracées dans l’espace intérieur ces coupes claires ces sentiers aux embranchements sylvestres qui mènent au cœur d’angles morts ou vifs à des autels à des cabanes d’arbre à hauteur de mains Fruits, fleurs plans de cuisine siphons de vasques...
Mon siècle, mon fauve qui osera regarder dans tes prunelles… (Ossip Mandelstam – 1921) Feu le monde tel quel Avec sa chemise rouge ouverte en croix Cadavre charrié des chutes poète putréfié Pardon pour ne pouvoir même pas tenir le seuil à ta terreur la...
Aimer est une opération à deux temps : Imprégnation, manque. On le sent à l’épure dans : Tomber en amour. Ou primitivement dans : Imprégnation amniotique, exil élémentaire de la naissance. Aimer c'est reconnaître. Des limites de l’œil le peintre fait...
Ma douce amère mon amertume Marée basse kilométrique Qui se fête à la Saint-Omer Tempête en tête Gribouille d’écume Et de guerre lasse La mer est manche et l’an blafard. Printemps au charme de demi-deuil De silène de petit jour De tristan! de fauve ou...
Ma sœur pas d’esclandre le chœur veille à l’encens pas d’autre eucharistie que celle du réverbère pas d’autre nef que la verrière l’autel innocent des plates bandes Entre le cinquième et le septième assaut le couperet tombe. L’acier fragmente d’abord...
Saison où la lumière s’est faite herbe tes silences stridulent sous la ligne de coupe d'un invisible fil lame superbe d’hirondelle La lente phrase du jour à l’aplomb des falaises Orgue dont l’encre s’évapore Lis-la dans l’interstice où bruisse le lilas...
Arbre de matière d’hêtre manière d’être glabre dans l’histoire ligneuse aux invisibles ennemis (le vent d’hiver à l’embrasure des branches des tortures oubliées sur le calme du ciel) Semi dragons caudale serpentaire Chemins qui valez par la montagne à...
Je t’aime pays comme une grosse bête mouillée qui attend stoïquement la neige, les yeux mi-clos. Tes filles les vaches ont la couleur des mottes. Tes ravines suintent l’herbe jaune, la corne lisse, le bois noirci . Nid d’alouette des dunes d’herbes Laissé...
La méditation c’est peut-être la recherche de l’interaction physiologique à minima entre le monde et la conscience du monde. Pure recherche d’épure, traque de la particule à son point de renversement comportemental. En amont des forêts des mots et des...
Ici, prendre le temps : retourner la pompe, inverser les vannes. Tirer aux berges le flux ployé en voix de gorge. Sous le chemin de forge, fondre la clé qui les délivre, la belle Aude, la fille au rouet. Enfin, à main droite, la marge de leur feuille...
A parler du corps encore parler du corps si tu veux ces maux à mots couverts ses assiettes et ses verres sa table, ses cinq commensaux le sixième et le non-sens en dernier ressort, en dessert. Chaque fois une autre et subtilement identique architecture...
Précisions cadastrales nomenclature des bêtes le chat seul, dernier félin des toits là bas le fruit kaki du rouge-gorge l’aboi très dispersé des balcons mésanges moineaux saison sans mouche hérisson sans vipère la vérité du ver de terre le ramier bleu...
Ce n’est pas par hasard que les émotions ressemblent à la matière. Et presque insupportable de se tenir en face, à la jumelle, dans le déferlement de la vague. Cette course qui submerge la vision dans une intraitable marée montante, joufflue, écumeuse,...