Un qui fait, en mars, des bouquets de mimosas au marché.
S'est levé tôt pour venir du sud.
Cette heure-ci est sa cliente perpétuelle
(nous, d’identiques vieilles en impers).
Branche d’arbuste qu’il choisit qu’il taille qu’il secoue avec fermeté
l’épreuve de la parure en lâcher de pollen.
Qu’il caoutchoute.
Ici toujours ce même printemps pluvieux.
Travaille de doigts d’expert la galaxie sensitive.
En jette les gerbes charnues, empoche son travail de botteleuse, de trayeur de bétail à l’étable de Bételgeuse.
Submergé de la matière première, soucieux dans la surabondance de l’or.
En conscience, toujours en retard.
Toujours au bord d’un ridicule qui les honore
l’ordonnancement des renoncules
le pli des majuscules dans l’herbe de jument
Dieu qu’au moins les bêtes me voient
Je suis venue pour le bleuet fauché et la piétaille des foins
la coupe où le vert prend l’ombre
et l'air saturé d’herbes
Troupeaux ô chemins boisés bois rutilants de merles
Guettant octobre l’éclaireur
Pour l’heure de gloire de l’érable
Fanion qui cloue de loin la nuit d’aiguilles
La main du merisier dans son gant d’avant-garde
A terre
Tous ses tableaux dans le même ocre
Erable
Une balle perdue qui étoilerait le cœur
La saison renversante qui passe par les arbres
L’ardeur
En deux touches d’essences dans un rouge à tracteur
Des tons tellures où tranche
l’absence de bleu
Nu pâle
maille
d’aigus
cortines cuticules à l’enfeu
Brèves rosaces de vitrail
Fougères mes pentes d’alezan mes robes de cachemire
Névés pliés en cols de chemise
Bouffe mitaine - rumine ton haleine zan
Ton drap d’ocre ta tendre laine
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