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poésie française contemporaine

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Montagne à vaches

 

 

 

 

 

 

Arbre de matière d’hêtre

manière d’être glabre

dans l’histoire ligneuse

aux invisibles ennemis

(le vent d’hiver à l’embrasure des branches

 des tortures oubliées sur le calme du ciel)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Semi dragons caudale serpentaire

Chemins qui valez par la montagne

à flanc à crête à bouche de cratère

Gerçures

de datations glaciaires

Filez en croupes de démons vagues

saignez d’infuses plaies de verre

Eaux ombres blanches qui griffent de griffures

l’émail

et toutes mues d’armure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Multiple manifeste de la forme

Tu n’es jamais que du rythme fait feuille

De la stridence faite fleur

Au brouhaha des herbes

Le froissement rouge du coquelicot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Boîte, tête

Le lait à l’arête des roches

Viens t’arsouiller de l’ocre

De l’orge brut

Aux granges du perce-voir

Une veille de printemps un peu avant le soir

Sort l’acier qui ne s’affûte

Que sur le bois du cornouiller

La lame du couteau de poche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vitesse

Lissoir de l’eau

des roches qui l’encombrent

l’honneur d’une haie ombellifère

cette ombre de ciguë que se fait le cerfeuil

celle de l’hellébore

celle la luzerne

dans ce chemin de chute

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

Bêtes sauves des forêts nous sommes du même désastre –Niches, nids grièches, crèche de broussailles : délitées, liquide lit de paille, aval jonché de souches, pertes en lames, bras et troncs (du flux de fruits, rumeurs, esquisse d’une ruine d’essence).   Tempête en terre,  le grand souffle qui souffle l’aura du mycélium. Des coupes claires, des ombres, des cendres perdent vos traces, haies, talus, repaires, soutènements, de cents ravines et raccourcis d’en-creux. Ce qui reste s’arase. La terre offerte au ciel. Le libre champ à la vermine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour l’amertume du grand genet

A la racine pivotante

Pour l’arc tendu d’azur

Le bras de lustre de la feuille d’hêtre

La renouée est sentinelle

Elle prévient de qui bruisse et passe

La jument d’ombre à la jumelle

Qui tourne sous l’alisier blanc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fourche du merisier au chambranle de haie tout un troupeau d’échines s’y est frotté les mouches et les piques, la laine rousse contre l’écorce jusqu’au cuir. Douce lisseur polie vernie au rouge de Venise, o suprême destin arbustif sculpté des éléments - du temps,  de la peau de vache – pied de prairie tourné par la bonne ébéniste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lave. Cherche sa permanente dislocation. Le flot feu  fascine encore refroidi.

Quel autre message que le précipité de la rivière  - 

la plume d’acier qui peint la pierre de son lit avec la dernière dilution du ciel ?

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

Ici

le ciel fait la beauté debout

et taille l’horizontale

de prémisses de cils

L’oblique de l’hiver

à l’angle de la maille

a roussi la fougère

la grande polypode qui a brisé sa rouille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le hêtre de montagne est chevalier plus torve que celui des vallées.  Une plus courte période au boisage de l’aubier  –  nanisme d’altitude. C’est ce côté tourné du branchage qui renforce ses nodosités d’armure, l’écorce d’argent frotté, la main gantée de rouge.

A la jumelle la vue s’effeuille ( s’accommoder où le point creuse )

 San’Romano !        

Déchirure de Damas et spectres du visible !

La bataille agitée du genou et du feu blanc des lances. Jumelle, dans l’aisselle de l’oiseau lire, à la coupe du surgissement...Déjà l’obscurité mêle l’épaisseur des troncs au maillage des crinières. Un  peu de ciel blanchit encore un front, un fanion, une barde de poitrail.

Vaillant œil qui transperce, poinçonne, a-perçois.  Que vois-tu en venir ?

Le mauve saisit le roux.

Le bleu tire à l’oblique. 

La guerre est hivernale depuis le quaternaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au territoire du saule

A la clémence du ciel

A la barbe des racines

Aux reflets

L’inflorescence laissée libre

A la fuite

Au fluage

Au voisinage de l’aulne

A l’aubier

L’écrevisse d’un creux d’eau vive

 

L’an d’ocre dense de l’osier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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