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poésie française contemporaine

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Dans le sillage du krill

 

 

 

 

Aimer est une opération à deux temps :
Imprégnation, manque.
On le sent à l’épure dans :
Tomber en amour.
Ou primitivement dans :
Imprégnation amniotique, exil élémentaire de la naissance.
Aimer c'est reconnaître. 
Des limites de l’œil le peintre fait son affaire.
Dans le nouveau qui s’agglomère au reconnu à chaque manifestation du monde, une manche, une branche, une tige, une marche :
Un point d’appui possible pour élargir le champ.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fille des poissons, échouée à la souille des berges du zodiaque, la lucide méduse te dirait sirène si la masse profonde arborait quelque mât piquant l’horizon ou luciole du ciel.
Au septième tu serais femme.
C’est aussi ce qu’en pense ton matelot fantôme (encore faudrait-il qu’il ait des mœurs de saumon) depuis que tu l’appelles d’un nom qui cerne sa figure, entre raie et hachures, que tu le tires de l’ombre
– la fausse vide, la muette…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Chambre d’écho
unique présent offert
aux battements de ce cœur
Oserais-je dire que je t’ai choisi ?
Les hasards et les morts auraient l’œil moqueur.

 

 

 

  

 

 

 

 

La cavernicole des grands fonds.
Espèce spéléologue, elle pond sous l’épiderme de mondes mous et mouvants.
Elle aime la grotte, l’habitat des chakras, les courants chauds, imperceptiblement chauds qui s’éventent des abysses, dans le sillage du krill.

 

 

 

 

  

 

 

 

 


Cet insensé besoin de vitesse :
De ce chemin de nerfs, le silencieux signal zèbre la longueur d’onde.
Repérez-en sur fond diffus : s’en détacheront le bouquet des sources, le limpide linteau des chutes, l’infini espace du reflet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ultime, l’essentiel, le pérenne, le premier ordre : vivre.

Prête attention à vivre et rien de mourir ne sera dur.

Ecoute à l’œil de l’apoptose.

Tout ce qu’on suspend se creuse.

Chaque goût, tout tact, leur vertige et l’absence qui fait sa nature, même sans les savoir connus.

L’actualité des faits dans l’origine du geste.

L’éclaircie qu’offre le hasard.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En cherchant pour soi-même ces circonstances où l’on est un :

vigilance, connaissance, création, orgasme.

Le pouvoir d’être décuplé. L’instant microscopique centrale thermique, braise tantrique tant brique que fraise.

On pourrait croire que le sujet, brique élémentaire de la société des hommes cesse d’être infiniment fissible.

Détente immersion inclusion émergence.

De la conscience, le moment est l’unité de base.

Cinq sens et trois dés.

L’infime aspire aussi au mesuré prodige de la forme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La cible qui borne ma concerne

Et son petit vertige

Ici qui est sans cesse n’importe qui

Une tige

Irrecensée dans la luzerne

 

 

 

 

 

 

 

La convergence de perceptions ne se limite pas à la somme des parties.

Sommairement, l’écrit formule, fixe, confisque, tranche.

Il ne faudrait jamais prendre le faisceau pour postulat mais revisiter en profondeur, fibre à fibre, la mesure, l’intensité du flux.

On y découvrirait à chaque pas la nature profuse de la nature, sa main prodigue et son pied de printemps.

Entre le corps et le monde, la vie sécrète sa loi : j’aime.

Mais gare à qui le dit.

En chaque sens l’éclat du schiste, et la chute du mica dans l’échelle des gemmes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Manuellement saisi l’objet binoculaire tenu entre les mains se tord à volonté à vos yeux écartés. Le majeur souple reste dominant posé sur le volant de la mollette. Faites le point aA, et glissez lentement vers la convergence des cercles afin de définir les plans pour plus de précision. A l’aide de la bague D, vérifiez au deuxième œil aussi la netteté identique. En dernier lieu et toujours après réussite des deux opérations précédentes, ouvrir avec le cœur le troisième œil.
Le troisième œil est le secret de bien utiliser l’appareil.
C’est lui qui ouvre la Véritable Profondeur.

 

 

 

 

 

 

 

 

Prescience de l’hélium
un envol que l’on bague au fer
tampon-dateur sur fractures
le début et la fin des guerres
Ce qu’on fit de digne et d’indigne
L’imaginaire ou bien la somme
des carnets de l’histoire greffière
le mycélium des coupes de sport
l’opium
l’humus des corps refait de l’or
des composés dont il est fier

 

  

 

 



 

 

 

 

Qu’est-ce que le sage itère ? Le rune, l’indice de ruse, la flèche signifiante d’une feuille sagittée ?
En bout d’arc le feu enfoui de nos apocalypses. Multiple du graveur de gypse, le fou délie ce que le sage séquestre, creusant la table de pierre jusqu’à son brûlis d’avril, la ville d’herbe en cendres, parfois juste pour rompre l’avance des ronces, la persistance du genet.

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

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