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poésie française contemporaine

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Hiver mon joli

  

 

 

Je t’aime pays comme une grosse bête mouillée qui attend stoïquement la neige, les yeux mi-clos. 

Tes filles les vaches ont la couleur des mottes. 

Tes ravines suintent l’herbe jaune, la corne lisse, le bois noirci .

  

 

 

 

 

 

 

Nid d’alouette des dunes d’herbes

Laissé à la licence de l'air

Et piétiné de neige

Chaton ficelle frisson jaune

tu perds au vent le feu de tes brindilles

Le cœur de ton soleil de chaume.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle crisse ses cents crayons de bois

sur mes rousses hérissures

et la corne de mes sabots

son rire de jument pie bleu

à la gencive du muret

car toutes les crinières du jour

n’ont guère raison d’elle

 (la neige est dans mon pré)

 

 

 

 

  

 

 

 

Fantômes sans chaîne

Beaux draps de ce massif central

La vierge neige au pied du chêne

S’empreinte des traces du cheval

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La blanche ensommeilleuse

Sa Solitude des fuseaux

La pente des montagnes 

en nappes somptuaires

Lisseuse enfouisseuse affameuse

d’oiseaux

Le salut de la musaraigne

Le règne de la phalène en suaire

 

 

 

 

  

 

 

Horizon monochrome ô

Cristal intact

Parfaite ville d’eau

Pas d’autre bi ou quadrupède tache

Dameuse estafilade

Pas d’autres ébréchures que celles dues au föhn

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qui peut mieux que l’hêtre lisse

aux extrêmes rousseurs

dire en étain d’écorce le torse des coursonnes

l’essence 

des lentes virulences

 

 

 

 

 

 

 

 Monde nappé d’étoiles chues

(le cataclysme fut indolent)

Ceux qui restent sont méconnaissables

Etouffés émoulus fourbus

D’abord reviennent les corps des grands genets noyés 

à fleur de relief

le blanc désert est roi mais son royaume est bref

 

 

 

 

 

 

 

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